
John Glacier déploie Like A Ribbon pour montrer qu’on peut embrasser la confusion ambiante avec grâce.
Le siècle en cours repose sur des sentiments complexes et contradictoires. Individualisme forcené et quête de reconnaissance désespérée. Demande de sensations fortes autant que de zones de confort personnelles. Poursuite d’intensité mais peur du conflit. Egocentrisme et haine de soi. Perte de direction collective mais soif de se sentir utile à la communauté.
Trop d’informations, trop de comparaisons possibles, trop de manières de prêter le flanc à la critique, trop de possibilité de cracher sur ceux qui s’exposent pour se sentir exister. Un déluge cognitif impossible à gérer, une clarté impossible à trouver.
Certains s’anesthésient pour ne plus entendre les injonctions paradoxales, d’autres coupent volontairement une partie du bruit et cultivent leur jardin. Enfin, il y a ceux qui acceptent de plonger dans le brouillard et de mettre en musique l’expérience, comme John Glacier dans Like A Ribbon.
Elle porte ses doutes et incertitudes dans des ambiances brumeuses, tout en affirmant une identité artistique forte : au milieu de la confusion, elle propose une direction.
Une direction emplie de mélancolie douce, de chutes de moral subites et d’ambitions contrariées, mais une direction qui offre un point d’appui à tous ceux et celles qui se sentent submergés par leur avenir incertain.
Like A Ribbon apporte du réconfort sans sacrifier la lucidité, et montre que les peines et les hésitations peuvent être florissantes quand on se les approprie. Comme un ruban qui enveloppe et enjolive, John Glacier nous étreint avec sa musique thérapeutique.