Zee Slop

Chroniques du désordre musical

Jour 17 : Mary Sue – Porcelain Shield, Paper Sword

Pochette de l'album Porcelain Shield, Paper Sword, de Mary Sue

Parmi tous les mariages musicaux inattendus, certains sont plus heureux que d’autres : celui du rappeur singapourien Mary Sue et des musiciens du Clementi Sound Appreciation Club a donné naissance au flamboyant Porcelain Shield, Paper Sword.

Depuis sa naissance, le rap a marché vers le succès sans s’arrêter. Mais à mesure que les réussites commerciales s’accumulaient, son propos a commencé à se normaliser, et son esthétique à se standardiser. Dans la branche qui écrase les ventes et monopolise les écoutes, les risques artistiques se font rares, et le rythme industriel de livraison lisse les productions.

Pourtant, si on s’éloigne des gros sous et du cirque marketing, on trouve des démarches qui font vivre la branche expérimentale du hip-hop. A Singapour, Mary Sue a posé ses textes sur les instrumentaux organiques des musiciens de jazz du Clementi Sound Appreciation Club, en saupoudrant l’ensemble de traditions musicales du sud-est asiatique.

L’album Porcelain Shield, Paper Sword est un voyage spirituel. Une quête de vérité et de sens, à la fois martiale et hypnotique. Une évocation imagée des fragilités humaines, à l’image des armes de son titre : un bouclier de porcelaine va se briser à l’impact, une épée de papier va se plier avant de trancher.

On peut y voir une méditation taoïste, un conte sur la forme et la fonction, et le chemin vers un cercle d’énergies complémentaires à conquérir. On peut aussi tout simplement se laisser porter par la musique, et s’imprégner de ces ambiances propices à l’exploration de soi-même.