
La noirceur gangrène les horizons. Alors miles cooke propose sa voix caverneuse, et une référence à Magritte. Ceci n’est pas un portrait, peut être, mais ceci affiche sans détour une face sombre.
Tout le monde est tendu. Tout le monde a sûrement de bonnes raisons de l’être. Et ceux qui ne sont pas tendus sont fatigués de toute cette tension. L’époque est à l’épuisement existentiel, et l’année 2025 a démarré avec cet album, imposant témoignage de la bascule vers le côté obscur.
Ambiances enfumées et rythmes claustrophobiques, miles cooke met en musique l’assombrissement des perspectives. Les désillusions. Les luttes quotidiennes. Les efforts de ceux qui n’obtiendront jamais de récompense.
Il prêche à qui veut l’entendre l’indécence des inégalités, les choix qui n’en sont pas, les destinées tronquées. Avec des métaphores singulières et des déclamations inquiétantes, l’artiste ne dresse pas son portrait, mais celui des désoeuvrés qui n’ont pas d’autre choix que de s’endurcir.
Les ambiances sont lourdes comme des ambitions étouffées, le dépouillement instrumental rend les tripes visibles, et la litanie obscure impose une forme de splendeur. Lourde et oppressante.
L’expérience de cet album est étrangement méditative. Les paroles s’écoulent dans une prière désespérée, adressée à qui voudra bien l’entendre. C’est le reflux d’un vécu, la manifestation d’une gravité, le témoignage d’un environnement restreint.
Alors si ceci n’est pas un portrait, c’est une forme d’expression qui s’oppose à la trahison des images : ici, le verbe stimule, les sons chargent, la musique est fidèle aux intentions, constante dans sa réception.