Zee Slop

Chroniques du désordre musical

Jour 4 : Panic Shack – Panic Shack

Pochette de l'album éponyme de Panic Shack

Le monde a besoin de plus de filles qui gueulent pour qu’on les regarde en face. Panic Shack montre l’exemple dans son premier album éponyme.

C’est réjouissant de voir le regain de forme du punk féministe. L’année 2025 a commencé avec l’incroyable premier album des Lambrini Girls. Un succès mérité, qui a peut être fait de l’ombre à la livraison de Panic Shack quelques mois plus tard.

On y retrouve la même énergie d’une bande de meufs qui refuse de mettre les formes pour parler de leur condition. Elles jouent fort, elles parlent fort, impossible de noyer leur propos en haussant le ton, impossible de faire comme si on n’avait pas entendu non plus.

Panic Shack hurle, déclame, beugle, mugit, revendique, s’indigne, s’énerve, postillonne, dénonce, fulmine, braille, jure, rugit et vocifère. Panic Shack chante, parfois. Pour exister, pour témoigner, et pour se marrer aussi.

Entre quelques pochades rigolardes, le grondement sonore furieux du groupe vient soutenir un aperçu imagé et sans détours de certains aspects du quotidien féminin. Entre les relous potentiellement dangereux (« SMELLARAT »), les injonctions à la minceur et la réduction des femmes à leur physique (« Gok Wan »), ou encore l’absence de poches dans les vêtements (« Pockets »).

Pourtant, on ne sent pas l’envie d’en faire un sujet politique, ou de porter une parole qui va plus loin qu’elles. Juste l’envie de montrer leur majeur levé à tous ceux qui les emmerdent.

A l’image de la pochette, les musiciennes de Panic Shack ont une attitude. Elles revendiquent fièrement leur volonté de faire comme elles veulent, et de compter les unes sur les autres (« Thelma & Louise »).

On a affaire à des femmes libres, on a surtout affaire à des artistes qui envoient une énergie que chacun peut s’approprier pour s’assumer et envoyer chier ce(ux) qui les empêchent de vivre.