
Dans ANGIE, spill tab caresse les oreilles avec des confessions chatoyantes et des chansons vivantes.
On est confrontés tous les jours à des choses incompréhensibles. Genre les Labubu, l’existence de milliardaires ou les frontières de l’univers. C’est tout aussi inexplicable que spill tab n’ait pas vendue des millions de palettes de son premier album ANGIE. Même si elle a un succès qui fait sûrement envie à beaucoup d’autres artistes, ce n’est pas assez pour une chanteuse qui ouvre son coeur à tout le monde.
Que des disques de jazz expérimental ou de punk brutal restent confidentiels, on peut le comprendre. Que les hurlements gutturaux et les dissonances bruitistes ne soient pas du goût de toutes les oreilles, on peut le comprendre.
Mais quand une artiste déballe la polyphonie des sentiments avec autant de douceur que de sincérité, quand ses notes réconfortent, quand ses mélodies font frissonner ce qu’il y a de plus universel en nous, elle devrait se retrouver en tête d’affiche dans un monde juste.
Les chansons sont à l’image des élans du coeur et des corps : imprévisibles. Dans leurs structures, dans leurs sonorités, elles mutent, grandissent, rompent. Elles dévoilent des trouvailles sonores inattendues, des figures changeantes qui enrichissent le spectre émotionnel de l’auditeur.
La trompette feutrée sur « Adore me », la batterie volubile sur « Assis », la guitare hurlante à la fin d’ « Angie », les ruptures de ton sur « De Guerre », ou encore « By Design », qui démarre en ritournelle électronique et se transforme en chanson hippie.
Ce disque représente tout ce que la pop devrait être : une proposition intelligente, sophistiquée et surprenante, mais pas moins franche, accessible et émouvante.