
Le sens de la composition orchestrale ne se limite pas au répertoire classique : dans Of Becoming, Vanbur explore de nouvelles contrées pour les violons aux cordes sensibles.
La vie est remplie de moments qui méritent leur propre bande originale. A défaut de pouvoir la produire soi-même, on s’en remet au savoir-faire de compositeurs pour construire un catalogue personnel d’accompagnements musicaux capable de répondre à toutes nos humeurs.
Vanbur conjugue les expériences en la matière de Jessica Jones et Tim Morrish, qui joignent leurs talents dans une partition commune qui va au-delà de la simple illustration sonore.
A la délicatesse instrumentale s’ajoutent les murmures soyeux et la confidence des mots. Les ambiances cinématographiques se conjuguent aux frissons nostalgiques. Au milieu de ces paysages méditatifs surgit une secousse électronique (« Strange Kind Of Creature »).
Mais ce sont surtout les entrelacs de violons bien accordés qui cristallisent une dramaturgie particulière, à la fois intense et délicate, capable d’exalter les sentiments ardents autant que de calmer les angoisses profondes.
Les instruments à corde peuvent ici mettre de l’ordre dans la confusion, et de la fougue dans les amours. Diriger les colères, apaiser les malaises.
L’inspiration de Max Richter est palpable, mais Of Becoming a sa propre identité, pour aiguiller chacun vers son équilibre intérieur, là où se trouvent ordre et beauté, luxe, calme et volupté.